La perception visuelle 3D

La perception tridimensionnelle (3D) de l’espace est basée sur plusieurs indices rétiniens, binoculaires (disparités rétiniennes) et monoculaires (pictoriaux), et non-rétiniens (oculomoteurs, proprioceptifs, auditifs, vestibulaires, cognitifs...). Les disparités rétiniennes horizontales rendent compte de la vision stéréoscopique et permettent une perception fine des reliefs et des volumes en vision centrale. Les indices de disparités rétiniennes verticales interviennent également dans la perception de profondeur, mais uniquement en région périphérique du champ visuel. Les indices monoculaires sont très riches dans l’environnement et permettent une perception 3D même en absence d’indices binoculaires ; ce sont notamment les indices de perspectives, gradients de textures, ombrages, couleurs, interposition, flux optique.... Des indices non-rétiniens interagissent avec les indices rétiniens, essentiellement pour les calibrer en accord avec les caractéristiques des éléments de la scène afin de rendre compte de la perception des distances notamment. Ces indices extrarétiniens comme les signaux proprioceptifs issus des muscles extraoculaires jouent par ailleurs un rôle essentiel dans le développement post-natal de la perception 3D au cours d’une période critique couvrant les premiers mois de la vie. Tous ces indices sont encodés par le cerveau à des degrés divers comme nous l’apprennent les travaux menés chez l’animal et chez l’homme par des enregistrements extracellulaires, EEG ou encore en imagerie fonctionnelle (IRMf) chez le primate humain et non–humain.

Enregistré le : 15/03/2018

Intervenant(s) : Yves TROTTER, directeur de recherche CNRS, au CERCO « Centre de Recherche Cerveau & Cognition » (UMR 5549), Hôpital Toulouse Purpan

Réalisation : Dir. Communication Univ. Toulouse 3

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